Des marchés financiers ébranlés par le contexte géopolitique au 1er trimestre 2022

04 avril 2022

Après une année 2021 faste pour les principaux indices boursiers, le choc géopolitique provoqué par la crise russo-ukrainienne a lourdement pesé sur les places internationales au cours du 1er trimestre 2022.

​​​​​​​​​​Les marchés financiers ont entamé l’année 2022 en demi-teinte, tout d’abord préoccupés par les fortes tensions inflationnistes induites par la solide reprise économique de 2021, avec en perspective un durcissement des politiques monétaires (jusque-là ultra-accommodantes), et par conséquent des conditions de financement devenant moins favorables.

Ce n’est que plus tard dans le trimestre qu’un événement géopolitique de grande ampleur a impacté de manière soudaine et violente les places boursières internationales. Le 24 février, la décision de Vladimir Poutine de lancer une vaste offensive armée en Ukraine, 3 jours seulement après la reconnaissance des deux républiques autoproclamées du Donbass, a entrainé une extrême volatilité sur les marchés financiers.

Dans ce contexte de grande incertitude, les principaux indices actions ont fortement baissé jusqu’à atteindre un point bas le 8 mars, avant de rebondir au fil d’un regain d’optimisme sur le conflit. Les actions mondiales reculent au final de 5,3% sur la période (indice MSCI AC World en dollar). Les marchés américains se replient pour la première fois après 3 années consécutives de hausse, à l’image du S&P 500 qui baisse de 4.6% sur la période. L’Europe, de par sa proximité géographique avec la zone du conflit, est la plus impactée par la crise, comme en témoigne l’évolution de l’indice Eurostoxx 50, en repli de près de 9% au 31 mars depuis le début d’année.


Quel impact de la crise géopolitique sur les autres classes d’actifs ?

​​ Le début du conflit russo-ukrainien s’est accompagné d’une brusque remontée du cours des matières premières et de mouvements de fuite vers la sécurité, caractéristiques des périodes de tensions géopolitiques.

Le cours du pétrole (WTI) termine ainsi le trimestre un à peu plus de 100 dollars le baril, soit une hausse de 33% par rapport au 1er janvier, après avoir dépassé le seuil de 120 dollars le baril le 8 mars. Le prix du gaz s’est envolé sur les premiers mois de l’année, sur fond de craintes en approvisionnement. Les cours des autres matières premières ont également flambé, à l’image du Nickel dont la cotation a battu tous les records historiques sur la bourse des métaux de Londres (LME), la Russie en étant le troisième producteur mondial. En parallèle, le conflit a provoqué un choc majeur pour les matières premières alimentaires, la Russie et l’Ukraine produisant à eux seuls un quart du blé exporté dans le monde, 21 % de l'orge et 17 % du maïs (source : Coface).

Les investisseurs se sont massivement tournés vers l’or, valeur refuge par excellence, qui a franchi la barre symbolique des 2000 USD l’once sur le trimestre, terminant au 31 mars en hausse de 6% par rapport au début d’année.

Les obligations d’Etat américaines et européennes ont attiré les investisseurs en quête de sécurité, en revanche les cours de ces dernières restent pénalisés par la hausse des taux longs, reflet du tournant résolument moins accommodant pris par la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) et de la Réserve fédérale américaine (Fed).


Des secteurs fragilisés en Europe

En termes d’évolution sectorielle, la grande majorité des secteurs reste pénalisée par le contexte actuel. Seuls l’Energie et les Matériaux de base tirent leur épingle du jeu, portés par la flambée du prix des matières premières, avec une performance trimestrielle respective de +21% et +15%. Les secteurs défensifs des Télécoms, de la Santé et des Services aux collectivités affichent une certaine résistance, ces derniers étant recherchés dans un contexte d’aversion au risque élevée. En revanche le contexte inflationniste et l’incertitude liée à la crise géopolitique pèsent sur les secteurs cycliques de l’Industrie, la Construction et la Technologie. La Distribution, pénalisée à court terme par la dégradation du pouvoir d’achat des ménages, affiche la moins bonne performance sectorielle du trimestre avec un recul de près de 28% au 31 mars.


​Quelles sont les perspectives dans un tel environnement ?

L’impact de la guerre en Ukraine, si le conflit devait s’enliser, pourrait peser durablement sur la confiance des ménages et des entreprises tout en favorisant la hausse des prix de l’énergie, la conséquence directe étant un ralentissement de la croissance (déjà palpable en Zone Euro) couplée à une accélération de l’inflation.

Cela étant, le message reste plus mesuré aux Etats-Unis où la demande intérieure devrait rester solide ces prochaines années et se traduire par une croissance supérieure à son potentiel. La progression de l’activité mondiale devrait également rester supérieure à son rythme moyen pré-pandémie

Les marchés resteront très attentifs aux prochaines annonces des banques centrales qui, au regard du niveau extrêmement élevé de l’inflation, sont bien décidées à poursuivre le resserrement de leur politique monétaire. La Réserve Fédérale américaine (FED) a d’ailleurs relevé ses taux directeurs d’un quart de point le 16 mars dernier, soit la 1ère hausse depuis décembre 2018.

Bien entendu, la situation géopolitique restera l’élément clé de l’évolution future des marchés, avec une volatilité qui devrait encore rester élevée sur les places internationales, du moins à court terme.


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Audrey PAMPOUILLE
Investment Specialist
Solutions Financières
BNP Paribas Epargne Retraite et Entreprises

Yanning MA, CFA
Responsable Solutions Financières
BNP Paribas Epargne Retraite et Entreprises​












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​Sources indices : Solutions Financières BNP Paribas E&RE, au 31 mars 2022.
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