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Un choc géopolitique qui bouleverse les bourses mondiales au 1er trimestre 2026

Après un début d’année très bien orienté sur les marchés financiers, le déclenchement de la guerre en Iran fin février à brusquement inversé la tendance.

​Alors que les principaux indices actions atteignaient des niveaux records en février, sur fond de solides résultats d’entreprises et de croissance économique résiliente, la guerre en Iran a rabattu les cartes, provoquant une onde de choc sur les places boursières internationales, inquiètes de l’impact du conflit sur l’économie et l’inflation.

Les frappes aériennes américaines et israéliennes sur l’Iran amorcées le 28 février suivies des ripostes iraniennes sur les pays du Golfe, combinées à la fermeture du détroit d’Ormuz, ont en effet provoqué une baisse rapide et marquée des indices actions.​

Quelles sont les raisons d’une telle réaction ?

Ce conflit représente le plus important choc pétrolier de l’histoire, se traduisant concrètement par une diminution d’environ de 10 millions de barils par jour de l’offre mondiale, sachant que le Moyen Orient représente environ 25% de l’offre mondiale de brut et que 20% des exportations internationales de gaz naturel liquéfié (GNL) passent par le détroit d’Ormuz. Ces sérieuses perturbations d’approvisionnement ont logiquement provoqué une envolée des cours du pétrole et du gaz, faisant craindre un retour de l’inflation et par conséquent un impact direct sur les anticipations de croissance économique.

Plus en détail, les pays ayant la plus forte exposition directe aux exportations de pétrole brut transitant par le fameux détroit sont situés en Asie (près de 90% du total des exportations), notamment la Chine, l’Inde, la Corée du sud et le Japon. Les exportations de GNL qui transitent par le détroit d’Ormuz sont également principalement destinées vers l’Asie (plus de 80%).

Outre l’énergie, la région joue un également un rôle stratégique dans plusieurs marchés clés tels que les productions mondiales d’aluminium, d’hydrogène et d’hélium. En parallèle, 30% des engrais consommés dans le monde transitent par le fameux détroit.

Des indices mondiaux globalement impactés par la situation géopolitique​​​

C’est dans ce contexte très volatil et incertain que l’indice des actions mondiales, le MSCI AC World, termine le trimestre en baisse de 3,20% (en USD).

Les indices américains se sont fortement repliés, le S&P 500 réalisant l’une de ses pires performances trimestrielles avec un recul de 4,3% à fin mars 2026. Le Nasdaq chute quant à lui de 7%. Les grandes valeurs technologiques, qui ont porté la hausse des marchés ces dernières années outre-Atlantique, ont enregistré des baisses importantes sur la période.

En zone Euro, l’indice Eurostoxx 50 recule de 3,6% sur le trimestre. L’indice phare de la bourse parisienne, le Cac 40, après avoir atteint un sommet en février grâce à de bons résultats annuels d’entreprises, a signé en mars son plus mauvais mois depuis mars 2020 lors de la crise sanitaire. Il termine le trimestre sur une baisse de 4%. La sanction a été plus lourde pour son homologue allemand, le Dax, pénalisé par son économie plus sensible au prix de l’énergie. Ce dernier recule 7,4% à fin mars.

L’indice japonais Nikkei a effacé en mars les gains remarquables acquis sur les premiers mois de l’année grâce aux politiques pro-croissance initiées par la Première ministre Sanae Takaichi (mesures de relance budgétaire et réformes structurelles). Il parvient à rester quasiment stable en fin de période avec une hausse modérée de 2% au 31 mars depuis le début d’année.

Sur le front des marchés émergents, les places asiatiques, après un début d’année très favorable grâce aux excellents résultats des entreprises exportatrices de semi-conducteurs, ont été particulièrement impactées par le conflit en Iran, les économies de la zone étant très dépendantes du pétrole et du gaz transitant par le Golfe Persique. L’indice MSCI China (en USD) perd près de 9% depuis le 1er janvier. A contrario, les marchés d’Amérique Latine ont quant à eux profité des tensions sur le prix des matières premières comme en témoigne l’évolution de l’indice MSCI EM Latin America en USD (+14,6% sur le trimestre).

Des secteurs fragilisés en Europe

Rares sont les secteurs à afficher une hausse au terme du mois de mois de mars au sein de l’indice Stoxx Europe 600. L’Energie termine sans surprise en tête du classement (+37% sur le trimestre), portée par l’envolée des cours du pétrole sur la période. Suivent les secteurs défensifs (plus résilients dans les phases d’incertitude) des Télécoms (+16,3%) et des Services aux collectivités (+13%), ces derniers continuant d’être portés par les producteurs d’électricité, grands bénéficiaires des plans d’investissements en Europe, entre transformation numérique, data centers et modernisation des infrastructures. Le secteur des Matériaux de base progresse quant à lui de plus de 12% à fin mars depuis le début d’année, bénéficiant de la hausse des cours sur la période.

En bas du classement, les Médias (-19% à fin mars) continuent de souffrir des craintes liées à la concurrence de l’Intelligence Artificielle, après une année 2025 déjà morose. Les secteurs impactés par la hausse des cours de l’énergie et le retour de l’inflation figurent en bas de classement, tels que les Transports & Loisirs et la Distribution. Le secteur de l’Automobile reste toujours fragilisé par la faiblesse des volumes mondiaux. Il affiche un recul annuel de 14% sur le trimestre. Les bancaires, très sensibles à l’activité économique, se replient de 6% depuis le début d’année.

Comment les autres classes d’actifs ont-elles évolué sur la période ?

Sur les marchés obligataires, les rendements ont globalement grimpé dans l’ensemble des pays développés sur fond de craintes inflationnistes liées à l’impact sur l’économie mondiale de la crise géopolitique. A noter que ces derniers se situaient déjà sur des niveaux relativement élevés en 2025, traduisant les inquiétudes des investisseurs vis-à-vis des déficits liés aux plans de dépenses et à l’endettement des gouvernements. Le T-Notes (taux 10 ans US) et le Bund allemand (emprunt d’Etat 10 ans de référence en zone euro) terminent le trimestre à 4,31% et 3% respectivement (vs 4,16% et 2,85 à fin décembre 2025).

Du côté des devises, le positionnement sur le dollar s’est complètement inversé par rapport à la situation pré-conflit, faisant de celui-ci l’une des devises les plus achetées sur le marché des changes grâce à son statut de valeur refuge dans le contexte géopolitique actuel. En parallèle, l’euro a baissé, les investisseurs doutant de la capacité de résistance de la croissance européenne face au nouveau contexte de prix élevés de l’énergie, d’autant que les Etats-Unis sont eux exportateurs nets d’énergie. La parité EUR/USD termine le trimestre sur un niveau de 1,15 à fin mars (vs 1,17 à fin décembre 2025).

Concernant les matières premières, ces dernières ont également subi les conséquences du conflit en Iran. La fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transitent 20% des cargaisons mondiales de pétrole, a littéralement propulsé à la hausse le cours du Brent de la mer du Nord et du WTI (West Texas Intermediate), mettant fin à une longue période de prix modérés sur fond d’offre abondante. Le baril WTI (West Texas Intermediate) termine le trimestre en hausse de 76% depuis le 1er janvier, à 101 dollars.

L’embrasement du conflit au Moyen-Orient a également impacté le cours du gaz, après que le plus grand site mondial de gaz naturel liquéfié (GNL), situé au Qatar, ait été touché par des frappes en marge du conflit, interrompant la production. Le pays est l’un des premiers producteurs au monde de Gaz Naturel Liquéfié. Des pays comme l’Inde, la Chine et la Corée du sud sont les plus pénalisés. A noter toutefois que les prix du gaz européen restent très en-deçà des niveaux atteints en 2022, au début du conflit Russo-ukrainien. Il s’agissait alors d’une rupture durable entre l’Union Européenne et son principal fournisseur européen, la Russie. Au terme du trimestre, le cours du TTF néerlandais, référence en Europe, a augmenté de près de 78% depuis le début d’année, à plus de 50 euros.

Sur les métaux précieux, après avoir atteint des sommets historiques au début de l’année, l’or a par la suite connu une correction marquée, abandonnant 15% en mars, sa pire performance depuis la crise financière de 2008. Ce mouvement peut paraître surprenant alors que le métal jaune aurait légitimement dû profiter de sa qualité de valeur refuge dans une contexte plus que troublé. Or celui-ci a reculé sous l’effet combiné de prises de bénéfices, les investisseurs ayant commencé à sécuriser leurs gains, des tensions inflationnistes dues à la montée des prix de l’énergie et du retour des anticipations de hausse des taux d’intérêt. Ces dernières amoindrissent en effet l’attrait pour l’or qui mécaniquement devient moins attractif du fait qu’il ne génère aucun rendement. A ces éléments s’ajoute la progression du cours du dollar, dans la mesure où la relation entre le cours de l’or et de la devise américaine est caractérisée par une corrélation inverse : un dollar fort signifie que l’achat d’or devient plus cher, tendant à réduire la demande et faire pression à la baisse sur son prix. Le cours de l’once atteint ainsi 4 668 dollars à fin mars 2026, soit une progression de 8% depuis le début d’année.

Le retour de l’inflation, un casse-tête pour les banques centrales

​Alors que l’année 2025 a été caractérisée par une baisse globale de l’inflation, la tendance s’est nettement inversée en fin de premier trimestre. Les derniers chiffres publiés pour la zone euro illustrent bien ce phénomène, avec une inflation qui atteint 2,5% sur un an à fin mars _ dépassant l’objectif cible de la Banque Centrale Européenne _ contre 1,9% le mois précédent.

Une évolution qui s’explique par la flambée des prix du pétrole et du gaz, dans la mesure où cette dernière impacte directement les coûts de production pour les entreprises industrielles et les transporteurs, surcoûts qui se répercutent ensuite sur les prix à la consommation. Les données du mois d’avril seront déterminantes car elles permettront de voir si cette hausse du prix de l’énergie se transmet dans les autres biens et services.

Compte tenu des éléments cités précédemment, les interrogations portent désormais sur la future trajectoire des banques centrales. Si en début d’année, les marchés anticipaient des baisses de taux en lien avec une stabilisation de l’inflation (notamment aux Etats-Unis et en zone Euro), ce scénario s’est depuis complètement inversé. La crise actuelle pose un dilemme important pour les autorités monétaires, puisqu’elle accroît simultanément les risques d’inflation et de ralentissement économique. Dans ces circonstances, ces dernières devront faire preuve de prudence et prendre le temps d’évaluer les effets réels du conflit avant de modifier leur stratégie.

Quelles perspectives pour les prochains mois ?

Si l’annonce mardi 7 avril d’un cessez-le-feu temporaire par Donald Trump a, dans un premier temps, soulagé les marchés financiers, comme en témoigne le rebond des indices actions et le repli des cours du baril de brut qui ont suivi instantanément, l’accord conclu in extremis avant l’expiration de l’ultimatum de Donald Trump reste très fragile tant les positions des États-Unis et de l’Iran restent éloignées.

Les perspectives de croissance mondiale restent aujourd’hui incertaines alors que dans l’ensemble des économies, le revenu disponible des ménages et les marges bénéficiaires des entreprises risquent de se contracter sous l’effet de la hausse des prix de l’énergie (ralentissement de la demande intérieure et augmentation des coûts de production). Les pays producteurs d’énergie devraient cependant rester favorisés.

La crainte d’un scénario de « stagflation » _ combinaison entre une économie atone et une inflation élevée _ refait donc surface.​Pourquoi redouter cette configuration ? Car cette dernière impacte à la fois les actions et les obligations.

En parallèle, le conflit au Moyen Orient et le choc d’approvisionnement énergétique qui en découle a bouleversé la trajectoire antérieure des politiques monétaires. Les investisseurs suivront de près les prochaines annonces de la réserve fédérale américaine (Fed) et de la Banque Centrale Européenne (BCE).

La durée du conflit sera déterminante pour évaluer son impact sur la croissance et l’inflation, dans un contexte où l’activité économique mondiale reste encore solide. Les évolutions des marchés financiers au cours des prochaines semaines devraient continuer à se faire essentiellement au gré des variations des cours du pétrole, sachant que la volatilité restera de mise, du moins jusqu’aux premiers signes d’une désescalade tant attendue par les investisseurs.

Comment suivre l’évolution de votre épargne dans ce contexte ?

Rappelons tout d’abord que le temps est le meilleur allié de l’épargnant dans la mesure où les phases de fluctuations, même extrêmes, sont lissées sur la durée. L’horizon d’investissement est ainsi un facteur clé dans l’investissement de votre épargne.

Les périodes de crises sont également celles qui peuvent faire apparaitre pour l’épargnant de long terme, des opportunités pour investir sur des niveaux de marchés plus attractifs.

Investir de manière régulière via des versements programmés en particulier, aide à lisser les points d’entrée et ainsi amortir les soubresauts de marchés.

Enfin la diversification permet de réduire le risque global de votre épargne, en répartissant les investissements sur plusieurs types d’actifs.



Andrey PAMPOUILLE​​

Senior Investment Specialist
Solutions Financières
​BNP Paribas Epargne & Retraite Entreprises

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​Wenzhao SUN​​
Responsable Solutions Financières
​BNP Paribas Epargne & Retraite Entreprises

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​Source indices : Bloomberg, au 31 mars 2026 ; indices publiés dividendes réinvestis et en devises locales​​​
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NB : La valeur des investissements et les revenus qu'ils génèrent peuvent enregist​rer des hausses comme des baisses et il se peut que les investisseurs ne récupèrent pas l'intégralité de leur placement. Les performances passées ne préjugent pas des performances à venir.




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