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Un 1er semestre 2026 à deux vitesses sur les places boursières mondiales

Les marchés financiers terminent le semestre sur une note positive malgré les tensions mondiales.

​​​​​​​​​​​​​​​​​​​Difficile d’imaginer au terme du 1er trimestre que les marchés d’actions feraient preuve d’une telle résilience au cours des mois qui ont suivi. Pourtant, le conflit entre les USA, Israël et l’Iran, enclenché fin février, a engendré une incertitude extrêmement élevée sur les places boursières internationales. Le blocage du détroit d’Ormuz, point de passage hautement stratégique pour le transport mondial du pétrole, a fait grimper les cours de l’or noir, faisant repartir à la hausse les pressions inflationnistes qui elles-mêmes ont influé sur les taux d’intérêt.

Les marchés se sont ensuite focalisés sur des éléments plus positifs, tels que la solidité des résultats d’entreprises, la résilience de l’économie mondiale ou bien les perspectives de croissance liées à l’innovation technologique. Les signes d’apaisement diplomatique et le retour des prix de l’énergie à des niveaux plus modérés ont permis d’entériner la reprise haussière.

L’indice des actions mondiales, le MSCI AC World, a ainsi terminé le semestre sur un gain de 11,2% (en dollars). Une hausse loin d’être homogène sur toutes places financières, divergence qui s’explique surtout par la concentration de certains marchés sur les valeurs technologiques liées à l’Intelligence Artificielle, en particulier les fabricants de puces mémoire.

Les grands gagnants restent ainsi les marchés de l’Asie émergente, à l’image l’indice KOSPI de Corée du Sud qui signe la meilleure performance mondiale avec une hausse de plus de 90% en devise locale. La bourse de Taiwan affiche également une performance remarquable de plus de 50% sur le semestre.

Les marchés européens progressent plus modestement, pénalisés en début d’année par la dépendance énergétique de la région mais également par la composition sectorielle de certains indices. L’indice phare de la bourse de Paris, le Cac 40, est distancé avec un gain modéré de 5,1%, impacté par la contre-performance des valeurs du Luxe. L’Eurostoxx 50 termine néanmoins le semestre sur une hausse de 11%, bénéficiant notamment de la bonne tenue du secteur bancaire.

De l’autre côté de l’Atlantique, les principaux indices ont nettement rebondi au 2ème trimestre, après une première partie d’année plus difficile sur fond de tensions géopolitiques. Ils ont continué à tirer profit de leur composante technologique soutenue par de solides résultats trimestriels et des révisions haussières des bénéfices. Le Nasdaq progresse de +13.1% depuis le début d’année. Quant au S&P 500, il affiche une hausse de +10,2% à fin juin 2026, bénéficiant également de la bonne tenue des secteurs de l’Industrie et des Matériaux.

Le Japon n’est pas en reste, affichant un gain remarquable de plus de 40%, porté par des réformes économiques et une politique gouvernementale proactive. Les grandes valeurs technologiques ont également contribué à cette tendance haussière.


Une forte rotation sectorielle en Europe sur le semestre​

Après une fin de 1er trimestre où rares étaient les secteurs à afficher une hausse au sein de l’indice Stoxx Europe 600 (Energie, Télécoms et Services aux collectivités), un rééquilibrage s’est opéré à mesure de la désescalade du conflit au Moyen-Orient.​

Si l’Energie termine à la deuxième position malgré le reflux du prix du baril en fin de semestre, la Technologie affiche la meilleure progression du semestre (+26,4%), portée par les segments des semi-conducteurs, des logiciels et du matériel technologique. Le secteur des Matériaux de base progresse quant à lui de plus de 17% à fin juin depuis le début d’année, bénéficiant de la hausse des cours sur la période. Les Services aux collectivités (+17,1%) continuent de bénéficier de la bonne tenue des producteurs d’électricité, grands bénéficiaires des plans d’investissements en Europe, entre transformation numérique, data centers et modernisation des infrastructures. Les bancaires (+15,5%) et les Télécoms affichent également des performances robustes (+15,5% et +13,8% respectivement).

En bas de classement, le secteur de l’Automobile (-15,8%) reste toujours fragilisé par la faiblesse des volumes mondiaux. Les Médias (-6,3%) continuent de souffrir des craintes liées à la concurrence de l’Intelligence Artificielle, après une année 2025 déjà morose.


Comment les autres classes d’actifs ont-elles évolué sur la période ?

Les marchés obligataires ont été impactés sur le semestre par la forte poussée inflationniste due à la flambée des cours de l’énergie consécutive au conflit au Moyen-Orient. Les rendements du Bund allemand (taux 10 ans de référence en zone Euro) et du T-Notes (taux 10 ans américain) ont ainsi augmenté, pesant sur les cours des obligations, avant de refluer en fin de période en lien avec la désescalade des tensions géopolitiques. Ces derniers terminent le semestre à 2.86% et 4.46% respectivement. Lorsque les taux augmentent, le coût du crédit progresse pour les Etats, les entreprises et les ménages.
Les obligations privées ont quant à elles bénéficié des solides situations financières des entreprises, tout en offrant des rendements attractifs.

Les cours du pétrole, après avoir flambé en lien avec l’embrasement du conflit au Moyen-Orient, jusqu’à même dépasser 110 dollars le baril début avril pour le WTI (West Texas Intermediate), ont ensuite nettement reculé à partir de la mi-mai pour retrouver les niveaux d’avant crise à 69 dollars (soit un recul de 21% depuis le début d’année à fin juin).

Sur les métaux précieux, après une année 2025 record, l’or a connu un semestre en dents de scie. 2026 avait pourtant démarré sous les meilleures auspices, l’once d’or dépassant le seuil historique de 5500 dollars. Le métal jaune a par la suite connu une correction marquée, abandonnant jusqu’à 15% au mois de mars, sa pire performance depuis la crise financière de 2008, pour finalement s’établir autour de 4000 dollars l’once à fin juin. Alors que l’or aurait dû bénéficier de son statut de valeur refuge en pleine tempête géopolitique, ce dernier a reculé sous l’effet de prises de bénéfices, les investisseurs ayant préféré sécuriser leurs gains. D’autre part, l’or, qui ne génère ni intérêt ni dividende, a pâti de taux d’intérêt plus élevés en lien avec le retour de l’inflation, rendant des placements comme les obligations plus attractifs.

Les banques centrales sur le qui-vive​

Si l’année 2025 a été caractérisée par une baisse globale de l’inflation, la tendance s’est nettement inversée en fin de premier trimestre avec le conflit au Moyen-Orient. L’inflation a rapidement atteint 3.2% en zone euro et 4.2% aux USA (à fin mai), évolution s’expliquant par la flambée des prix du pétrole et du gaz induite par les difficultés d’approvisionnement liées à la fermeture du détroit d’Ormuz. Alors qu’en début d’année les marchés anticipaient de nouvelles baisses pour 2026, le contexte géopolitique a changé la donne.

La Banque Centrale Européenne est ainsi devenue la première grande banque centrale à relever ses taux d’intérêt en réaction à la guerre en Iran (taux de dépôt porté à 2.25%), afin de contenir la montée des prix. Un mouvement qui a marqué un tournant dans le cycle monétaire européen, après 7 baisses consécutives des taux entre juin 2024 et juin 2025. Quelles conséquences ? La hausse des taux directeurs renchérit le coût du crédit à court terme pour les banques commerciales. Pour les ménages et les entreprises, les conditions de crédit deviennent plus restrictives et les investissements ralentissent.

La Réserve fédérale américaine a quant à elle privilégié le statu quo, avec un taux directeur maintenu entre 3.50% et 3.75%. Les nouvelles projections laissent désormais ouverte la possibilité d'un relèvement des taux avant la fin de 2026. Le nouveau président de l’Institution, Kevin Warsh, a souligné que la stabilité des prix restait l’objectif principal de la Fed, sachant que les futures décisions seront basées sur les données entrantes.


Quelles perspectives pour les prochains mois ?​​

Avant l’éclatement du conflit au Moyen-Orient, l’économie mondiale affichait une résilience certaine, comme en témoignaient les révisions à la hausse par le Fonds Monétaire International des projections de croissance mondiale pour 2026, à +3.3%. Depuis, l’Institution a révisé ces dernières, à 3.1%.

La question centrale porte désormais sur l’accord de paix conclu entre les USA et l’Iran à la mi-juin. Ce dernier sera-t-il durable ? Si tel est le cas, le prix du pétrole devrait rester autour des niveaux actuels. Si, au contraire, la situation de redégrade, la pression s’exercera à nouveau sur les prix du baril.

Par ailleurs, des interrogations subsistent aujourd’hui autour des niveaux de valorisations élevés de certains acteurs du secteur de la Tech, notamment aux Etats-Unis, et surtout envers la capacité des entreprises à transformer leurs investissements massifs dans l'Intelligence Artificielle en revenus et marges futurs.

Enfin, à brève échéance, les investisseurs resteront très attentifs aux prochaines publications de résultats d’entreprises, après une très bonne saison au titre du 1er trimestre.


Chronique rédigée en date du 9 juillet 2026.


Andrey PAMPOUILLE​​

Senior Investment Specialist
Solutions Financières
​BNP Paribas Epargne & Retraite Entreprises

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​Wenzhao SUN​​
Responsable Solutions Financières
​BNP Paribas Epargne & Retraite Entreprises

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​Source indices : Bloomberg, au 30 juin 2026 ​; indices publiés dividendes réinvestis et en devises locales​​​
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NB : La valeur des investissements et les revenus qu'ils génèrent peuvent enregist​rer des hausses comme des baisses et il se peut que les investisseurs ne récupèrent pas l'intégralité de leur placement. Les performances passées ne préjugent pas des performances à venir.




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